Bonne année cinéma 2006

Bonne année cinéma 2006
Pour l'année 2006, je vous souhaite de faire de belles découvertes cinématographiques et surtout n'hésitez pas à m'en faire part!

Joyeux noël et bonne année 2006

Dieudonné
dieudonne@nexusgen.com
www.nexusgen.com

# Posté le vendredi 23 décembre 2005 20:00

Le Grand voyage

Le Grand voyage
La rencontre de deux mondes

Depuis le 11 septembre 2001, l'Islam est à l'honneur dans les médias. Pas toujours pour les bonnes raisons. Pratiquer cette religion de nos jours est vu d'un mauvais oeil en occident.

Le cinéaste Ismaël Ferroukhi a voulu apporter sa version des faits, corriger le tir avec son premier long métrage : Le Grand voyage. « (...) J'avais envie de raconter une histoire humaine sur deux protagonistes musulmans pour qu'on arrête de véhiculer des clichés sur une communauté foncièrement pacifique et tolérante », a souligné le réalisateur lors de la sortie du film.

Réda est contraint de conduire son père en voiture jusqu'à La Mecque. Forcément, il n'en a pas envie car il laisse derrière lui son petit confort et surtout Lisa, sa petite amie dont on ne voit que la photo et dont on n'entend que le son de sa voix à travers un téléphone.
Le Grand voyage, vous l'aurez compris, est un road movie. Réda et son père vont parcourir plus de 5000 kilomètres à travers l'Europe et une partie de l'Orient pour atteindre leur but. Le problème : c'est deux mondes qui devront trouver un point de convergence pour mieux atteindre leur destination.

Au-delà de la réhabilitation d'une communauté mal perçue aux yeux du monde occidental qui se greffe en toile de fond, le réalisateur nous montre comment deux mondes apprennent à se connaître et à s'apprivoiser, en l'occurrence le père et le fils.
Selon Ismaël Ferroukhi, « Réda et son père appartiennent à une culture où le dialogue entre père et fils est difficile, voire impossible. Le fossé qui les sépare (génération, culture, langue...) se creuse davantage par leur statut d'"exilés" en France. »
Le fils est à cheval entre deux cultures et forcément, il trouve son père trop conservateur. Et si c'était lui qui manquait de repères solides ?

L'exil n'est pas facile, mais c'est dans le voyage que le père et le fils vont se découvrir. Bien entendu, cela ne se fera pas sans mal.

Le Grand voyage est une belle surprise cinématographique qui gagne à être vu pour son propos intelligent et sans parti pris. De plus les paysages de désert sont magnifiquement filmés. Il consacre également les débuts prometteurs d'un réalisateur et d'un comédien (Nicolas Cazalé qui incarne Réda). « J'ai ressenti une énergie et un amour extraordinaires, comme si on entendait vraiment battre le coeur de l'Islam. On comprenait que cette religion est faite d'amour et d'attention aux autres. Je suis content d'avoir tourné ce film parce qu'il donne une image de l'Islam qui n'a rien à voir avec celle que nous renvoient les médias », confiait d'ailleurs ce dernier à la sortie du film.

Produit par Humbert Balsan, un vrai passionné du septième art (qui s'est suicidé en février 2005) a qui on doit des films aux succès inattendus comme : Y aura-t-il de la neige à Noël ? (1996) de Sandrine Veysset et Quand la mer monte de Yolande Moreau et Gilles Porte qui a été récompensé aux césar 2005 (meilleur premier film et meilleure actrice pour Yolande Moreau). Paix à son âme.

# Posté le mardi 20 décembre 2005 09:25

Les États-Unis d'Albert

Les États-Unis d'Albert
Forcier en mode majeur

Le dixième long métrage d'André Forcier « l'enfant terrible du cinéma québécois » (la plupart des lecteurs le reconnaissent grâce à ce qualificatif) est une pure réussite cinématographique. Une quête initiatique où il est question d'amour, de voyage et de d'aventures. Oui, une réussite par rapport son film précédent, Acapulco Gold, qui était une grosse blague! D'ailleurs, il l'a produit tout seul car il faut se l'avouer, personne et surtout pas les bourses du cinéma canadien et québécois n'auraient avancé le moindre sou. Déjà qu'ils en donnent très rarement aux auteurs.

Une erreur est si vite arrivée. Ne nous y attardons pas. Cependant passer d'Acapulco Gold aux États-Unis d'Albert est la preuve que le cinéaste aime sincèrement son art ou son métier, c'est selon. Seuls les vrais auteurs passent du médiocre au sublime avec la même constance. Ça force le respect.

L'intrigue se déroule à Montréal dans les années 20. Le cinéma est encore muet et Rudoph Valentino le séducteur de ces dames vient de mourir. Albert Renaud (épatant Éric Bruneau), jeune aspirant vedette, est convaincu de le remplacer. Ah American Dream quand tu nous tiens.

Avant de conquérir le grand écran, il prend des cours d'art dramatique chez Jane Pickford, la tante de la célèbre actrice, Mary Pickford. Le jour de son départ pour Hollywood, il tue de plaisir son vieux professeur avec un baiser d'adieu.

En chemin, il va rencontrer tour à tour une mormone qui veut changer le monde (charmante Émilie Dequenne), un journaliste jaloux, un golfeur excentrique qui fait son 18 trous dans le désert et des personnages tout aussi barges les uns que les autres. Normal, vous êtes dans l'univers d'André Forcier. Cela dit, c'est très bien écrit et admirablement mis en scène. Les comédiens s'éclatent, Roy Dupuis, en tête. On ne le répétera pas assez, ce mec-là peut tout jouer. Son accent parisien vaut vraiment le détour.

Voulant conquérir le monde entier, Albert se rendra bien vite compte que cela ne vaut pas l'amour d'une seule femme. Belle fable sur la monogamie en passant.
Ça ressemble à L'Alchimiste de Paolo Coelho. Le point commun entre le personnage du roman et celui du film est que tous deux verront leur légende personnelle bifurquée vers un autre chemin.

Ce qui aurait pu constituer les prémisses d'un banal téléfilm trouve, chez André Forcier, un écho poétique et romanesque comme dans ces précédentes oeuvres sauf Acapulco Gold. Pas étonnant que ses films soient présentés dans le monde entier. Il confirme ainsi son statut d'un des plus grands cinéastes québécois.
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# Posté le mardi 20 décembre 2005 09:15

Egotrip

Egotrip
Le cinéma, je l'aime tellement que je l'ai approché de près. De très près même.

Lorsque j'étais au secondaire, ce sont mes profs de littérature qui m'ont transmis l'amour du septième art.

Avec Laurent, un pote qui rêvait de devenir successivement : acteur de théâtre, animateur télé et acteur de cinéma, nous avons monté un ciné-club à l'internat où nous étions. Ça devait être en 1996 ou 97 (m'en souviens plus trop)...

En tout cas, nous avions tout planifié, nous voulions présenter des films exigeants avec un débat après. Le premier film de notre ciné-club : Lost Highway de David Lynch. Dans le genre exigeant (au-delà de la prise de tête) on n'a pas fait plus tordu que ça.

Nous avions réserver l'auditorium (la salle des fêtes qu'on l'appelait) qui devait avoir plus de 300 places et nous avions fixé un droit d'entrée.

Pas loin de 20 personnes se sont présentés et au moins 11 personnes sont parties en cours de diffusion.

Aucun regret, au contraire, c'était une expérience trop sympa !!!

Ensuite, j'ai débarqué au Canada, avec toujours cette passion pour le cinoche. La première année à Ottawa (la capitale), j'ai dépensé beaucoup de fric dans les salles présentant des films étrangers et l'année d'après, je suis devenu VIP dans tous les cinémas. J'étais chef de la section Culture et Société du journal étudiant (6000 lecteurs quand même).

Durant mes études en communication, j'ai réalisé des projets courts. Très académiques, je ne pouvais pas vraiment laisser aller ma créativité. De plus, le matos m'intimidait un peu. Par contre pour la direction d'acteur et la réalisation, je n'ai jamais douté.

Fin de mes études, je rencontre Tristan et Nick, David, Sylvain, nous avions les mêmes rêves, les mêmes envies, alors on a fondé Kinohull.

Là, pas le choix, il faut réaliser des courts-métrages. Le public nous attend au tournant. Je touche au matos. Je dirige, je filme mais, au montage j'ai besoin de quelqu'un (merci Tristan !!!) Généralement nos films ont été bien accueillis. J'ai réalisé une dizaine de courts-métrages qui vont de la fiction au clip vidéo. Celui dont je suis le plus fier est sans doute celui que j'ai réalisé au Kino Kabaret 2003 à Montréal. J'étais entouré de pro de partout au monde.

Mais c'est toujours le prochain projet qui m'intéresse, je revois rarement mes vieilles expériences.

Et j'ai déménagé à Montréal où je n'ai presque plus touché une caméra pour réaliser une fiction... si ce n'est pour des films institutionnels (pour un organisme international et un pays africain) et des mariages. Vous riez mais, un mariage c'est très cinématographique si c'est bien monté.

Cela dit, je n'ai pas dit mon dernier mot. Je réaliserai un gros film bientôt car j'ai promis à mes parents de les amener à Cannes à la présentation de mon premier long métrage.


A la page 19 de ce lien vous pourrez lire une des critiques que j'ai écrit vite pour dépanner les copines qui devaient combler un espace. Je l'ai tapé directe en sortant de la salle... Mais quelle culture ce Dieudo!!!! I know.
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# Posté le vendredi 16 décembre 2005 04:46

Modifié le vendredi 16 décembre 2005 05:15

Lila dit ça

Lila dit ça
Il n'a encore jamais parlé de « ça », comme ça, avec personne. Elle n'a encore jamais trouvé personne à qui parler. Elle ne pense qu'à ce garçon-là, il faut parler de ça pour s'en faire aimer. Elle a 16 ans et lui 19.

Lila dit ça est adapté d'un roman homonyme de Chimo, devenu un classique de la littérature érotique. Le réalisateur déclare au sujet de l'oeuvre : "Pour moi, "Lila dit ça" est avant tout une histoire d'amour entre une personne ? Lila ? qui débarque dans la vie d'une autre ? Chimo ? Et lui raconte des histoires tellement crûes, osées, provocantes, qu'il ne peut pas s'empêcher d'entrer dans cet univers. Chimo s'embarque pour un voyage dont il ne connaît pas le cheminement. Et sans le savoir, Lila provoque un changement. Elle amène Chimo à changer sa vie. C'est une histoire d'amour passionnelle, mais sans déclaration d'amour au sens classique."

Chouette film. Il fait aussi échos à la révolte dans les banlieues françaises. Beaucoup de jeunes sont fâchés car les perspectives d'avenir qu'on leur propose par le gouvernement ne présage rien de bon.
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# Posté le mardi 15 novembre 2005 08:03